Qu’est-ce que la fatigue liée au bien-être ? Guide pratique pour les équipes RH

L’objectif des programmes de bien-être est d’encourager les employés à adopter une approche globale de la santé et du bien-être. Il s’agit d’une démarche réfléchie pour inciter chacun à prendre le bien-être au sérieux, à une époque où le travail occupe une place centrale et où l’on oublie parfois même de bouger. Cependant, même les initiatives bien intentionnées peuvent entraîner des effets inattendus.

Dans le cas des programmes de bien-être, les équipes RH observent un phénomène appelé « fatigue liée au bien-être ». Ironiquement, ce qui est conçu pour soutenir le bien-être peut conduire à l’épuisement.

Oui, la fatigue liée au bien-être est bien réelle, et ce terme existe depuis déjà un certain temps.

Qu’est-ce que la fatigue liée au bien-être ?

La fatigue liée au bien-être résulte d’une accumulation d’initiatives de bien-être mal conçues ou mal exécutées.

En termes simples, la fatigue liée au bien-être est un état dans lequel le fait d’adopter un mode de vie sain devient épuisant et peu gratifiant. Elle survient lorsque les activités de bien-être sont perçues comme des obligations figurant sur une liste de tâches, plutôt que comme de véritables leviers d’amélioration du mode de vie.

Pourquoi les programmes de bien-être perdent de leur élan

Why wellness programs lose momentum.png
Lorsque les employés sont exposés à répétition aux mêmes programmes de bien-être, ils finissent par perdre tout intérêt. Au lieu d’y voir un soutien, ils ressentent une pression à participer à des initiatives qui ne leur apportent pas de réelle valeur.

Le scénario typique d’un programme de bien-être ressemble souvent à ceci :

Des défis de pas répétitifs

Des webinaires ou ateliers rares et génériques

Un accent excessif sur la santé physique, au détriment de la santé mentale et émotionnelle

Un manque de personnalisation

À première vue, organiser des programmes de bien-être peut sembler bienveillant et efficace. Cependant, si les équipes RH ne font pas évoluer les formats et répètent les mêmes initiatives, les employés se lassent et commencent à remettre en question leur utilité.

Examinons pourquoi les programmes de bien-être perdent leur attrait avec le temps.

Tout d’abord, l’effet de nouveauté s’estompe. Le premier défi paraît innovant et motivant ; au quatrième, c’est déjà du déjà-vu. Lorsque le format reste identique, la motivation diminue naturellement.

Ensuite, de nombreux programmes demandent trop d’efforts. Des défis longs et irréalistes ou des reportings manuels deviennent simplement une tâche supplémentaire à accomplir. Beaucoup d’employés préfèrent alors se retirer.

Troisièmement, lorsque la récompense perçue ne justifie pas l’effort demandé. Offrir une petite récompense pour un effort conséquent est l’une des principales causes de faible participation. Si les employés estiment que le bénéfice n’en vaut pas la peine, l’engagement chute.

Enfin, l’absence de participation visible du leadership affaiblit silencieusement l’élan du programme. Lorsque les managers ne participent pas ou ne valorisent pas les initiatives bien-être, les employés comprennent rapidement le message implicite : « Ce n’est pas vraiment une priorité. »

Liser: 13 Reasons Why Corporate Wellness Programs Fail & Ways to Avoid Them

Signes indiquant que votre entreprise traverse une fatigue liée au bien-être

La fatigue liée au bien-être est un sous-produit ou un symptôme de nombreux programmes de bien-être mal conçus ou inefficaces. Les équipes RH doivent être attentives aux signes subtils de fatigue liée au bien-être avant qu’il ne soit trop tard.

Voici quelques signes courants :

  • Une forte participation au lancement, suivie d’un déclin rapide au fur et à mesure que le défi progresse.

  • Le même petit groupe d’employés participe à chaque fois. Et même eux commencent à éviter les initiatives.

  • Les employés s’inscrivent aux défis mais ne terminent pas les activités.

  • L’engagement est motivé uniquement par les récompenses, et non par une motivation intrinsèque.

  • Les retours incluent des phrases comme « occupé par un travail urgent », « ce n’est pas pour moi » ou « encore ? ».

  • Les managers mentionnent rarement le bien-être ou n’en donnent pas l’exemple.

  • Les employés participent de manière passive, en accomplissant uniquement le minimum requis pour être éligibles.

Comment la fatigue liée au bien-être se manifeste selon les profils d’employés

La fatigue liée au bien-être peut se manifester différemment selon les catégories d’employés.

Parents actifs

Les parents actifs jonglent entre des responsabilités familiales importantes et leurs obligations professionnelles. Ajouter un défi de 8 000 pas par jour à cela peut sembler impossible. Le problème ne vient pas d’un manque d’intérêt, mais d’un manque de temps. Beaucoup ne participeront pas, et s’ils le font, ils auront du mal à aller au bout. En résumé, ils sont déjà à pleine capacité.

Lorsque les organisations inscrivent ces employés à un défi de 8 000 pas par jour dans le cadre d’un programme de bien-être, la majorité d’entre eux ne participera probablement pas.

La raison principale est simple : ils n’ont pas le temps. Et même s’ils participent, les contraintes de temps rendent l’achèvement du défi peu probable.

Génération Z et jeunes talents en début de carrière

La génération Z a grandi dans un monde rapide et dominé par la technologie. Elle attend des résultats rapides et des bénéfices immédiats, y compris en matière de bien-être. Elle est également saturée numériquement ; après de longues heures passées devant un écran, participer à un webinaire bien-être supplémentaire en ligne ressemble davantage à une tâche de plus qu’à une pause.

Managers intermédiaires

Ces collaborateurs sont pris entre la pression des équipes et les attentes de la direction. Le bien-être peut alors être perçu comme une distraction face aux délais à respecter.

Cela est particulièrement vrai lorsque les indicateurs de performance ne valorisent pas suffisamment le bien-être. Sans un soutien clair et explicite du leadership, ce groupe tend à reléguer les initiatives bien-être au second plan.

En conséquence, la participation et l’engagement diminuent progressivement, ce qui favorise l’apparition de la fatigue liée au bien-être.

Lecture suggérée : Want Better Employee Engagement in Wellness Programs? Start Here!

Dirigeants seniors

Les dirigeants seniors manquent de temps et se concentrent fortement sur le retour sur investissement (ROI). Si un programme de bien-être semble « superficiel » ou sans impact clair, ils le financeront, mais sans s’y engager personnellement. Ils le considèrent comme un avantage appréciable, mais non essentiel.

Employés en télétravail et en mode hybride

Les employés en télétravail ou en mode hybride font face à des frontières floues entre vie professionnelle et personnelle ainsi qu’à une forte fatigue numérique. Si les initiatives de bien-être reposent principalement sur des sessions en présentiel, ces employés se sentent exclus. À l’inverse, si tout est basé sur des applications ou des activités virtuelles, cela peut simplement représenter encore plus de temps d’écran. Un équilibre est nécessaire pour les engager réellement.

Équipes fortement exposées au burnout (vente, support, opérations)

Dans les équipes sous forte pression (vente, support, opérations), chaque minute est liée à des objectifs ou à des tickets à traiter. Dans ces environnements, des objectifs de bien-être optionnels peuvent sembler pesants. À moins que le bien-être ne soit intégré directement dans la journée de travail, ces programmes ne survivront pas. Sinon, le bien-être devient simplement un facteur de stress supplémentaire.

Comment redynamiser votre programme de bien-être

how wellness program can work better.png

La fatigue liée au bien-être ne signifie pas un échec ; elle fournit un retour précieux sur la conception du programme. Ce phénomène indique si un programme de bien-être améliore réellement la santé des employés. Ainsi, si des signes clairs de fatigue liée au bien-être apparaissent au sein de l’organisation, il est temps de réinitialiser ou de faire évoluer le programme.

Voici quelques moyens pratiques et efficaces pour redonner de l’élan à un programme de bien-être :

1. Les programmes de bien-être doivent s’aligner sur les besoins de santé réels des employés.

Voici l’une des façons dont Vantage Fit répond à cette problématique grâce à sa fonctionnalité Health Report:

vfit heath report trend.png

Grâce à la fonctionnalité de mise à jour des rapports de santé de Vantage Fit, les employés peuvent renseigner volontairement leurs principaux indicateurs de santé, ce qui permet d’identifier des tendances globales telles que les carences en vitamine D, les risques de diabète ou les problèmes de cholestérol, sans révéler aucune donnée individuelle. Les équipes RH n’ont accès qu’à des pourcentages agrégés, jamais aux noms ni aux dossiers personnels.

Ces informations permettent aux organisations d’abandonner les initiatives uniformes et de concevoir des défis bien-être ciblés, basés sur des besoins réels pour des groupes spécifiques. Ainsi, la confidentialité des participants est entièrement préservée.

En se concentrant sur de véritables tendances de santé plutôt que sur des activités génériques, les programmes de bien-être deviennent plus pertinents et moins répétitifs. À long terme, cette approche contribue à réduire la fatigue liée au bien-être et à renforcer l’engagement.

Prêt à améliorer le bien-être et la productivité de vos employés ?

2. L’initiative doit proposer des incitations réalistes et suffisamment attractives

Les équipes RH sous-estiment souvent le pouvoir des incitations. Elles se concentrent sur la réduction des coûts et diminuent les récompenses associées aux programmes de bien-être. Pour elles, proposer un programme de bien-être standardisé constitue déjà une forme d’avantage pour les employés.

Pourtant, il est naturel pour l’être humain de réagir à la gratification. Si un programme de bien-être n’offre que des récompenses minimales, il perd rapidement de son attrait. Les employés ne s’investiront pas si le bénéfice n’est pas perçu comme suffisant.

En résumé, des incitations significatives sont essentielles pour maintenir l’engagement et l’efficacité d’un programme de bien-être.

3. Les RH doivent s’attaquer aux véritables enjeux du bien-être plutôt que d’organiser un énième défi de pas

Le bien-être physique est essentiel, mais la santé mentale et émotionnelle l’est tout autant. De nombreux troubles liés à la santé mentale (comme le stress chronique ou une dépression légère) peuvent passer inaperçus jusqu’à devenir graves.

Au moment où les symptômes évidents apparaissent, le problème est souvent déjà profondément installé. Cela ressemble aux signaux d’alerte précoces de certaines maladies sérieuses qui restent ignorés jusqu’à ce qu’elles s’aggravent. Les équipes RH devraient adopter une approche proactive en matière de santé mentale et proposer un programme de bien-être holistique, plutôt que de se limiter à un nouveau défi de pas.

De la même manière, les équipes RH doivent anticiper et traiter un éventail plus large de problématiques liées à la santé mentale et émotionnelle.

Le rôle de la culture d’entreprise dans la prévention de la fatigue liée au bien-être

La fatigue liée au bien-être n’est pas uniquement causée par des programmes inefficaces. Elle est aussi la conséquence d’une culture de travail fragile.

Certains dirigeants influents ont publiquement défendu des horaires de travail extrêmes au nom de performances exceptionnelles. Lorsque les leaders normalisent le burnout, valorisent la disponibilité constante ou considèrent le bien-être comme une simple case à cocher, les employés comprennent rapidement que leur santé n’est pas réellement une priorité.

Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article de réflexion, « Workplace Wellness Is a Lie », les initiatives de bien-être échouent lorsqu’elles ne sont que des solutions superficielles destinées à masquer une mauvaise conception des postes ou des attentes professionnelles malsaines.

La culture d’entreprise et la conception des programmes sont des causes profondes de la fatigue liée au bien-être. Les organisations peuvent prévenir cette situation si elles accordent moins d’importance à l’apparence et davantage aux comportements quotidiens, tels que :

La manière dont les managers respectent et soutiennent les limites personnelles

La façon dont les charges de travail sont structurées

Le niveau de sécurité psychologique permettant aux collaborateurs de prioriser leur bien-être

Lorsque la culture d’entreprise porte réellement le bien-être, celui-ci ne semble plus imposé — il devient naturellement efficace.

Comprendre et traiter la fatigue liée aux programmes de bien-être

La fatigue liée au bien-être n’est pas un sujet que les RH peuvent prendre à la légère. C’est un risque business cumulatif. Et plus elle reste sans réponse, plus elle coûte cher à l’organisation.

Zone d’impact Ce que montrent les données Pourquoi c’est important
Coût du burnout Le burnout coûte aux organisations entre 4 000 $ et 21 000 $ par employé et par an. La fatigue érode silencieusement la productivité bien avant que l’attrition n’apparaisse.
Perte de productivité Les employés désengagés sont environ 18 % moins productifs. La fatigue liée au bien-être affecte directement la performance, pas seulement le moral.
Coût du turnover Remplacer un employé coûte entre 0,5 et 2 fois son salaire annuel. Les employés épuisés sont beaucoup plus susceptibles de quitter l’entreprise.
Gaspillage budgétaire Les programmes de bien-être à faible participation consomment tout de même l’intégralité du budget. Les fonds sont dépensés sans retour réel en matière de santé ou d’engagement.
Érosion de la confiance Des programmes mal conçus réduisent les taux d’adoption futurs. Une fois la crédibilité perdue, même de meilleurs programmes peinent à susciter l’adhésion.

La fatigue liée au bien-être ne signifie pas un manque d’intérêt pour le bien-être. Elle révèle un décalage entre la conception des programmes et la réalité quotidienne du travail des employés.

Un bien-être durable commence par la culture, pas par les défis. Voici les trois principaux leviers pour le mettre en pratique :

  • Des managers qui montrent l’exemple en adoptant des comportements sains

  • Des programmes ancrés dans les besoins réels des employés

  • Des données permettant des interventions plus innovantes

C’est ici qu’une plateforme comme Vantage Fit peut faire la différence — en aidant les organisations à passer d’un bien-être standardisé à des programmes ciblés, respectueux de la confidentialité et pilotés par les données, capables de générer un retour sur investissement mesurable.

Parce qu’un bien-être efficace n’épuise pas les employés ; il les soutient et renforce l’entreprise.

Questions fréquemment posées sur la fatigue liée au bien-être

1. La fatigue liée au bien-être peut-elle apparaître même si les taux de participation semblent bons ?

Oui. La participation peut être motivée par des incitations ou une pression, plutôt que par un engagement authentique. La fatigue liée au bien-être se manifeste lorsque la participation répétée diminue ou que les employés se désengagent une fois les récompenses supprimées.

2. Comment le travail à distance ou hybride augmente-t-il le risque de fatigue liée au bien-être ?

Le travail à distance et hybride brouille les frontières entre vie professionnelle et personnelle et accroît la fatigue numérique. Les programmes de bien-être basés sur des horaires fixes ou des activités supplémentaires via des applications sont souvent perçus comme une charge de travail additionnelle, ce qui accélère le désengagement au lieu d’améliorer le bien-être.

3. Quelle est la durée idéale des défis bien-être pour prévenir la fatigue ?

La durée idéale des défis bien-être se situe entre 2 et 4 semaines.

4. Comment le timing des récompenses influence-t-il la fatigue liée au bien-être ?

Des récompenses tardives affaiblissent la motivation et donnent l’impression que les efforts ne sont pas reconnus.